Ecouter de la musique classique ou en faire écouter à son enfant rend-il plus intelligent ou est-ce un mythe ?
L’effet Mozart consiste à écouter ou faire écouter de la musique classique aux enfants dès leur plus jeune âge, ou même dans le ventre de leur maman dans l’espoir d’en faire des génies en herbe.
En réalité, ce n’est qu’une légende !
Les origines de « l’effet Mozart »
Ce neuromythe fait suite à une expérience menée par les scientifiques Frances Rauscher, Gordon Shaw et Catherine Ky en 1993 (publiée dans la revue Nature).
Pour cette étude, on a sélectionné 3 groupes de personnes adultes.
Le premier groupe a écouté 10 min d’une sonate de Mozart, le second, une relaxation et le troisième, le silence.
10 min après, les participants des 3 groupes ont été soumis à des tests de capacités spatiales (qui font partie d’un test de QI Stanford-Binet).
Le premier groupe a réalisé de meilleures performances sur ces tests. L’étude a conclu qu’une exposition à la musique de Mozart permettait d’accroître les capacités à mobiliser l’intelligence spatiale pour une courte durée.
Ces résultats ont été publiés et extrapolés : une seule étude a parlé d’un effet temporaire sur des performances spatiales et les résultats interprétés sont devenus : écouter du Mozart permet de gagner des points de QI.
Beaucoup de parents ont mordu à l’hameçon, mais nous ne sommes pas les seuls à nous être faits avoir. Sur le site winofjapan.com, un site japonais de vente de vin, Mozart est un argument de vente pour vendre du Saké ! On peut y lire : « Les concertos de Mozart sont joués pendant le processus de production du saké pour en rehausser la saveur. »
Vous l’aurez compris : écouter de la musique classique peut vous détendre mais n’a aucun effet sur votre QI 😉
Mais alors, si ce n’est pas l’effet Mozart, qu’est-ce qui peut expliquer les effets sur les performances ?
En 2001, une expérience a été menée par William Forde Thompson, E. Glenn Schellenberg, Gabriela Husain dans des conditions identiques à l’expérience de 1993. Seulement cette fois, l’équipe de recherche a également mesuré le plaisir, l’excitation et l’humeur des participants.
Les résultats ont été les mêmes que l’étude précédente : les tests ont été mieux réussis par le premier groupe. Cependant, l’étude a aussi montré que s’ils remplaçait Mozart par toute autre divertissement qui mettait les participants dans le même niveau de plaisir, d’excitation et d’humeur, les résultats étaient les mêmes.
Les performances des participants ne sont donc pas dues à l’écoute de Mozart mais à l’état d’excitation et de bonne humeur des participants. Autrement dit, pour réussir vos examens, oubliez Mozart et faites une activité que vous aimez juste avant !
Autres sources : https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1111/1467-9280.00170
Très intéressant, merci pour l’éclairage